Archives de mai 2009

Jean-Pierre Coffe Sauce Leader Price

2009_05_28

 

Hier, en me rasant en conduisant, je vois Jean-Pierre Coffe vantant une enseigne de discount et mon cerveau se bloque comme si authenticité + hard discount donnaient erreur système. Et pourtant, c’est bien vrai, le héraut des achats au marché affirme : "Dépenser c’est dépassé… allez chez Leader Price". La campagne publicitaire est difficile à avaler d’autant que l’émission "Ca se bouffe pas, ça se mange" a bercé mes samedis et elle est associée à l’image de ma mère rentrant du marché du quartier. La porte fenêtre de la cuisine est ouverte sur le jardin et une voix reconnaissable entre toutes me met en appétit. L’homme est sympathique, son site aussi et il passe bien à la télé, même si, entre nous, je déteste ses lunettes.

Alors, peu importe que l’on trouve une gamme bio et des produits de saison chez LeaderPrice. Il me paraît un peu gros de faire une publicité de ce genre en ces temps où les producteurs de lait pointent du doigt les pressions de la grande distribution. Où est la cohérence de marque, la brand consistency cf. Kapferer ? Le partenariat Leader Price/Coffe profite certainement plus à l’enseigne qu’au personnage médiatique. En effet, c’est comme si Coffe, synonyme de qualité gustative et de tradition culinaire française, donnait sa caution à une marque caractérisée par la recherche de prix bas au détriment du packaging et du contenu du produit.

Une réponse à ce paradoxe se trouve peut-être dans l’effort de Jean-Pierre Coffe de proposer une cuisine basée sur le bon sens et au prix juste : à la fin de son billet d’humeur, il dit espérer que l’industrie agro-alimentaire puisse "profiter de la crise pour faire de la pédagogie et apprendre au consommateur à mieux consommer et plus justement". Pour un message plus clair et cohérent : prochaine apparition de Jean-Pierre Coffe avec Slow Food ?

A Greener Apple, Une Pomme Plus Verte

2009_05_27

 

C’est une capture d’écran du Figaro d’aujourd’hui. Je suis fan des pubs Apple, de 1984 à Think Different; suite à un lobbying actif d’un noyau de convaincus (sans un quelconque intérêt ou action dans l’entreprise), plusieurs membres de la famille et proches se sont équipés d’un iMac puis d’un MacBook. Nous ne sommes pas forcément sensibles à la mode ou aux tendances. Nous ne sommes en général ni des easy adopters ni des trend setters. Ce qui nous importe en réalité, ce sont de bons appareils sur lesquelles on peut compter. Tout compte fait, nous devons être proches des gestionnaires respectueux !

Même si ces objets cultes sont sur la voie de la perfection, un effort a quand même été fait pour les produire avec un impact moindre sur l’environnement et pour en faciliter le recyclage. Greenpeace et la campagne Green My Apple y sont sans doute pour quelque chose. Donc, une nouvelle gamme MacBook a été lancée par Apple, décrite comme "la famille d’ordinateurs portables la plus écolo jamais conçue". La campagne de publicité est sortie il y a quelques temps et elle a été épinglée par l’Observatoire de la Publicité, mais pas par l’ARPP, qui a d’ailleurs beaucoup de travail dans ce domaine. Clairement, les promesses de la marque sont un peu vagues et et les brins d’herbe sont à la limite du greenwashing mais Apple ne faisant pas le chantre de l’écologie, il me semble que cette publicité est un bon début.

Interview # MaRong

J’aimerais donner la parole à des personnes qui soit personnellement soit professionnellement, ont de l’intérêt pour le développement durable et sa communication.

Pour la première interview, voici MaRong : 24 ans, diplomée de l’IEP d’Aix en relations internationales et en développement durable à Paris I Panthéon-Sorbonne. 2 stages en Chine, l’un dans le BTP, l’autre dans une association d’audit environnemental en entreprise. Depuis 1 an chez EDF à Pékin, attachée auprès du Président Asie-Pacifique et en charge d’une partie des questions de développement durable.

2009_05_26mengniu Lire la suite

Revue De Presse # Quinzaine Du Commerce Equitable

Du 9 au 24 mai avait lieu la Quinzaine du Commerce Equitable organisée par la Plate forme du commerce équitable et relayée notamment par Max HavelaarAlter Eco et Ethiquable. L’Express y consacre un dossier et une interview de Joaquin Muñoz, directeur de Max Havelaar France, qui met en lumière la complémentarité bio/équitable et incite à une démarche de développement durable à la fois prudente et cohérente (voir à ce propos l’édito d’Eco-Sapiens).

C’est sur Libé que j’ai lu un enquête intéressante, à propos du partenariat entre le café Malongo et des producteurs mexicains. Sous le titre "Un café trop serré", Guillaume Launay montre que même si le commerce équitable assure un prix premium indifférent aux fluctuations du marché et permet d’investir dans des infrastructures pour les familles des producteurs, leur situation reste précaire. Francesco Van Der Hoff, co-initiateur du label Max Havelaar, préfère maintenant parler de "marché différent" plutôt que de commerce équitable. Il initie et suit des projets au Mexique mais reste réaliste devant le poids des intermédiaires et de la grande distribution qui, selon lui, utilisent l’argument équitable pour "laver leur image". Consoglobe rejoint ce constat peu fataliste en montrant du doigt Monoprix qui se vante d’être un "acteur historique du commerce équitable " et Leclerc dont l’ambition est d’être le "premier distributeur de produits équitables". Le développement des labels et des marques de distributeurs (MDD) de commerce équitable est peut-être un passage obligé, écrit François Lerin, du Courrier de la Planète. Le tout étant que les consommateurs continuent à avoir confiance en cette filière, à apprécier du chocolat et du café labellisé et élargissent leur consommation équitable aux produits non-alimentaires tels que les vêtements et les meubles.

Deux remarques à la suite de cette revue de presse. Pendant que les visuels de la Quinzaine incitent à prendre le pouvoir et à changer le marché, les publicités de Carrefour Discount présentent un litre de jus d’orange à 0,85€. La qualité est moindre et les oranges ne viennent certainement pas de coopératives brésiliennes… D’un autre côté, je lis avec intérêt l’interview de Sally Singer, photographiée dernièrement par Todd Selby. Cette collaboratrice de Vogue défend la philosophie "acheter moins, acheter mieux", justifie le prix de certaines pièces de créateurs et critique les rabais opérés par les grands magasins. Il y a bien outre-Atlantique des pionniers de la consommation raisonnée, ici et là des personnes s’engagent, affirment, créent, inventent et pensent différemment.

Collage # An Inconvenient Truth

2009_05_24

Entre Ville Et Campagne

Le temps s’écoule plus lentement à Die. Les montagnes et la verdure entourent la vallée de la Drôme. La route départementale qui suit la rivière ne connaît pas les bouchons – ou plutôt, les quelques pics de trafic se situent en fin de semaine ou en période de vacances. Les trains de la ligne Valence-Briançon circulent plusieurs fois par jour, laissant ou emmenant une poignée de passagers qui traversent tout naturellement la voie pour attendre leur quai. Même l’employé de la gare a l’air de prendre son temps, pour rechercher un billet selon mes exigences, autant que pour quitter son siège lorsque le train s’annonce, et revenir dix minutes plus tard à son occupation première.

Ce week-end a une atmosphère spéciale de tranquillité, non pas que je mène une vie trépidante en ville, mais je suis sensible à l’éloge de la lenteur que semble me faire cette région. Ce que je vois m’a l’air tellement éloigné de ce que je peux entendre ou lire à propos du développement durable dans les médias. Ici, je ne verrai pas le dernière pub de Mastercard parce qu’il n’y a pas de télé dans la maison en pierre à flanc de colline; je ne vais pas non plus lire ELLE qui fait l’éloge d’une consommation citoyenne passant par nude ou I’m Not A Plastic Bag. Tout simplement, les épiceries affichent des produits locaux (Picodon, ravioles) et de saison; à l’entrée de la ville on peut apercevoir des panneaux qui annoncent les produits d’entretien Hygebio et les clairettes issus du Vignoble bio. Un restaurant bio existe d’ailleurs depuis trois ans, où l’on associe produits locaux et saveurs exotiques à l’ombre d’une veranda au fond d’une cour. Le temps finit par passer plutôt vite en contemplant les papillons dans les herbes hautes sous la lumière de l’après-midi… excellent week-end à vous !

Michel Et Augustin: Adoptés

2009_05_19

 

 

La nouvelle marquante pour moi est le discours du Président Obama qui annonce des mesures strictes en matière de consommation de carburant. Mais plutôt que de politique globale américaine, je veux m’arrêter sur la petite marque de Michel de Rovira et Augustin Paluel-Marmont, dits Michel Et Augustin, qui monte à coups de petits gâteaux et de yaourt à boire.

Sans se réclamer AB ou revendiquer des ingrédients issus du commerce équitable, ils tiennent Ben & Jerry’s pour modèles et leur démarche en faveur du goût me donne envie de parler d’eux. De me plonger dans leur blog. Pas de risque de greenwashing dans leur communication: il n’est pas question de promesses intenables mais tout simplement de bonnes recettes. Ces petites choses valent d’ailleurs bien le détour pour le petit dèj, l’apéro et le goûter. Et leur publicité, qui a égayé nos rues fin avril, accroche le regard: deux trublions du goût qui se mettent en scène avec l’humour auquel ils nous ont habitués. Pour preuve, j’avais gardé les boîtes de Tout petits sablés et Tout petits salés dans mon armoire. Morceaux choisis :

 

Mesdames, Messieurs,

Savez-vous qu’en croquant ces petits sablés ronds et bons, vous allez à la fois maigrir, faire le plein d’énergie et renforcer votre capital osseux ?

Et oui, car nos nutritionnistes, en blouse blanche, en collaboration avec la NASA, ont mis au point…

STOP ! Arrêtez les salades* !

Nos petits sablés ronds et bons sont BONS, concoctés avec des ingrédients de grande qualité, sans additif ni conservateur !

Et si vous les croquez, c’est tout simplement parce que :

1/Ils sont bons !

2/ Ils font sourire !

Et pour garder la ligne : mangez peu, de tout, buvez beaucoup et trémoussez votre corps !

* Les salades sont bonnes pour la santé, surtout les vertes.

Pourquoi Pas ?

2009_05_18Dans la vie, il y a deux catégories d’individus: ceux qui regardent le monde tel qu’il est et se demandent pourquoi. Ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et disent: Pourquoi pas ? (George-Bernard Shaw)

C’est ainsi que commence la visite d’Utopies, cabinet de conseil en stratégie et développement durable fondé par Elisabeth Laville, HEC et idéaliste. Elle écrit. Elle s’exprime à la radio . Elle explique les enjeux du développement durable pour les entreprises, petites ou grandes, et insiste sur l’importance d’activités cohérentes dites "RSE 2.0" (c’est-à-dire responsabilité sociale d’entreprise avancée) plutôt que d’activités de compensation. J’avais lu son portrait dans L‘Express il y a 2 ans et son propos est de plus en plus actuel. En effet, elle conseille Nature & Découvertes mais surtout Philips et Schneider Electrics. Elle démontre qu’il faut beaucoup d’exigence et de passion pour construire la cité idéale.

Bruxelles, Ma Belle

2009_05_15

Le week-end passé, je remarque des tipis colorés au pied de la cathédrale Saints Michel et Gudule, que j’imagine être une nouvelle aire de jeux jusqu’à ce que je me rapproche des panneaux où je peux lire: "Le nouveau visage de Bruxelles… vers une ville durable !" Hum. Dans l’air du temps. Je continue : "Bruxelles bouge. Bruxelles change. Notre Région a amorcé sa révolution énergétique et elle ambitionne aujourd’hui de devenir une ville durable de référence en Europe !" C’est en fait une exposition initiée par la ministre du parti Ecolo Evelyne Huytebroeck qui met en avant les projets de construction durable et de maîtrise d’énergie.

Effectivement, c’est à Bruxelles que les sacs poubelle de la ville sont obligatoires et payants pour inciter au tri sélectif; c’est à Bruxelles que les transports en commun sont nombreux et efficaces; c’est à Bruxelles, la Belle aux Bois chantée par Marie Warnant qu’il y a de beaux espaces verts, du petit parc d’Egmont à la forêt de Soignes. Mais surtout, je découvre un site internet de l’IBGE – Institut Bruxellois pour la Gestion de l’Environnement qui donne de la teneur à l’exposition sur le nouveau visage de Bruxelles. Bonjour à tous les Bruxellois et à bientôt…

Organic Cotton At H&M

2009_05_14

Ce matin, j’étais chez H&M pour la collection de Matthew Williamson. J’aime beaucoup suivre les créations des invités – dont Karl Lagarfeld, Rei Kawakubo de Comme des Garçons, Roberto Cavalli – et celle-ci, annoncée par la campagne publicitaire It’s time for change avec Daria Werbowy, se montre très colorée et attrayante. Une première ligne est sortie le 23 avril; j’ai donc poussé ce matin la porte de l’enseigne suédoise, où je vais de temps en temps mais dont je me méfie un peu. A l’heure où l’on parle de consommation raisonnée et de développement durable, pourquoi proposer des articles dont les couleurs s’estompent au bout de quelques lavages et dont les boutons disparaissent si l’on est un peu trop énergique ? 

Je fais donc mon marché et, à tout hasard, je regarde les étiquettes. Ce paréo aux couleurs flamboyantes chères à Emilio Pucci est en coton biologique. Oui, j’ai bien lu, 100% organic cotton made in Turkey. Comme quoi, les changements se font petit à petit dans le monde de la confection, avec une stratégie semblable à celle du cheval de Troie. Quand je travaillais à Fairtrade Inspires, qui distribue des marques engagées comme Gossypium ou People Tree, le lancement d’une ligne bio et équitable chez Primark, peu connu pour ses valeurs de qualité et de philanthropie, me semblait être le comble de l’hypocrisie. Aujourd’hui, sans faire beaucoup de publicité, Zara et autres Etam proposent des articles bio ou équitables qui répondent/créent le besoin. Collections capsules, fibre biologique: nouvelle extension disruptive des marques ?

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