Archives de novembre 2009
Vue dans Glamour du mois de décembre : une publicité représentant les longues jambes d’un mannequin en bottes "Chantebelle" maculées de boue. Une signature qui m’a fait sourire : Pour la réintroduction de l’homme dans la nature. Mes grandes lectures dans la presse féminine me donnent toujours matière à réflexion… donc, la curiosité aiguisée, j’ai jeté un coup d’oeil au site Aigle : un univers qui mêle nature et vêtements résistants.
L’imaginaire, le rêve, le voyage, voilà les concepts que j’associe à cette belle campagne. La publicité se construit dans le but de faire connaître une marque et inciter les consommateurs à acheter ses produits ; seuls certains groupes ont les moyens de développer un plan de communication ambitieux incarné par une campagne publicitaires et des relations publiques. La réputation d’Aigle s’est justement construite sur un savoir-faire, des engagements environnementaux et une capacité à s’entourer d’ambassadeurs et et de partenaires attachés à la protection de la nature. Lire la suite
Je parle habituellement des marques que l’on trouve sur le marché français mais, newsletter de Green & Black’s fraîchement sortie oblige, voilà un coup de coeur anglo-saxon. Green & Black’s, c’est la marque qui m’a donné pour la première fois envie d’aller creuser du côté du marketing bio, équitable et/ou durable. J’ai à la base un intérêt solide pour le chocolat, c’est donc très naturellement que j’ai inspecté le rayon de Tesco. De fil en aiguille, les tablettes Green & Black’s m’ont donné matière à un essai de marketing en Master.
J’ai donc étudié les rapports d’activité du groupe Cadbury qui possède la marque depuis 2005, en particulier la partie CSR – Corporate Social Responsibility (équivalent de RSE – Responsabilité Sociale et Environnementale). Green & Black’s a été lancé en 1991 par les fondateurs de Whole Foods une chaîne de supermarchés américains sur le créneau naturel. Restant sur un segment de niche, Craig Sam et Josephine Fairley souhaitaient concevoir un chocolat avec 70 % de cacao et sans sucre pour le marché britannique. Green pour l’argument biologique, Black pour la promesse de qualité du produit. Sans oublier l’engagement de commerce équitable avec des producteurs du Belize (vidéo ici) :
As the brand began to gain a loyal following, Maya Gold was added to the range in 1994 – the product of a holiday Jo & Craig went on to Belize, where they met a group of Mayan smallholder farmers who had planted cocoa trees at the request of a large chocolate company which subsequently withdrew from Belize leaving the farmers with no market. Craig & Jo agreed to buy the farmers cocoa at a fair price and used the beans to create Maya Gold based on the flavour of a traditional Mayan chocolate drink. Lire la suite

L’avenir du vert : la question de la révolution verte et du greenwashing illustrée par Soledad
Ca doit être l’influence d’Alix Girod de l’Ain, cette recherche du bon mot et de l’image juste. Je revoyais hier un édito datant de cet été que j’ai utilisé pour le collage Bon à recycler, dans lequel elle raconte les pérégrinations d’une mère de famille qui souhaite remplir son caddie durablement. Il y a chez le Docteur Aga un humour décapant qui s’attaque à tout, fait d’actualité et débats de fond, amours des people et idées toutes faites :
Nos enfants sont devenus d’admirables mini-écocitoyens et, au passage, de prodigieux casse-bonbons, pense la cliente in petto. Les psys disent que c’est la surinformation ambiante qui leur fiche la frousse. (…) Une heure plus tard, en réglant les 194 € de son Caddie bo-bio, la cliente réalise qu’elle a dépensé 30 % de plus que d’habitude. Pourtant, elle a tout de même le sourire… Vous savez pourquoi ? Parce qu’elle s’est acheté, pour elle toute seule, un pot de Nutella qu’elle a décidé de ne même pas planquer derrière les réserves de boulgour équitable.
Ce type de plume me manque dans la presse du développement durable. Il y a bien J’ai testé de Laure Noualhat dans le magazine Terra Eco. Il y a ces blogs où l’on discute consommation durable, publicité et greenwashing. Et puis il y a, en majorité, une communication autour du développement durable qui se fait sur le mode culpabilisation. Peut-être parce que les messages sont trop focalisés sur l’avenir de la planète. A long terme nous sommes tous morts, disait Keynes.
Alors, comment parler du développement durable, comment formuler des messages touchant le public le plus large, la forme étant au moins aussi importante que le fond ? J’ai trouvé une piste du côté d’Umberto Eco. Sa critique est celle de la société du spectacle mais aussi de la société de consommation. Il n’y a pas chez lui de discours écologiste mais une défense du bon sens. Je crois n’avoir jamais lu aussi engagé et drôle que Comment manger une glace Lire la suite
Vu aujourd’hui : la vitrine Marron de Noël des "Plaisirs Nature" d’Yves Rocher. La marque se positionne sur un créneau nettement moyen de gamme, avec une communication visuelle proche de celle de L’Occitane. Le soin accordé au nouveau packaging illustre ce positionnement : le coffret Marron de Noël a beaucoup de points commun avec ce qu’on pourrait trouver chez The Body Shop dans la gamme Cacao, Karité et Noix du Brésil.
Non seulement Yves Rocher renouvelle ses codes (ici, authenticité et esprit cosy), mais en plus le Créateur de la Cosmétique Végétale s’engage, guide à l’appui, en faveur du recyclage, du respect des animaux, du bio et du développement des "populations locales" (des programmes proches du commerce équitable j’imagine). Dernière action en date : la participation à l’appel pour Copenhague. Voilà bien l’exemple d’une marque qui a décidé de diriger sa communication sur sa responsabilité sociale et environnementale et l’argument naturel semble porter – souvenons-nous qu’il y a quelques années à peine, elle n’était ni spécialement glamour ni engagée.
Edit (19 h) – En lisant le test de la gamme Huile d’Olive des Plaisirs Nature de Miss Lollilop, j’ai matière à critiquer écrire davantage. La composition annoncée des produits ne correspond pas aux promesses en termes d’AOC et de bio. Quand on dépense autant pour sa communication, c’est dommage de ne pas plus investir en R&D. Affirmer que Yves Rocher s’inspire de la richesse de la nature pour concevoir des soins efficaces et respectueux pour notre peau, c’est prendre le risque de s’exposer au retour du boomerang greenwashing ! Vu les réactions au test de Miss Lollilop, ça risque de faire mal.
Vu aujourd’hui : les affiches Ricola avec la signature "Un bienfait de la nature". Le thème naturel est dans l’air du temps et les plus célébres bonbons suisses n’échappent à cette règle. Le site Internet – tons jaunes et verts – est construit sur le signe de la santé et la vitalité par les bienfaits des plantes. Ricola met en avant sa culture d’entreprise basé sur "des responsabilités autant à l’égard des collaborateurs et collaboratrices que de la société et de l’environnement".
En réalité, cette campagne a été lancée en mars sur un thème auquel Ricola est fidèle, publicité après publicité : la Suisse. Cela donne des slogans appréciés par nous Français qui aimons ironiser sur les habitudes de nos voisins, où il est moins question de nature que d’humour :
Si les Suisses parlent lentement, c’est parce qu’ils savourent
En Suisse, il est interdit de polluer. Surtout sa bouche
La Suisse, c’est si petit que 13 plantes doivent tenir dans un bonbon