Archives de janvier 2010
Vu dans les pages de Grazia en décembre : la campagne Tetra Pak "Le signe à suivre".
J’ai trouvé la publicité difficile à lire et à comprendre de premier abord, et, sur écran comme sur papier, il faut prendre un peu de hauteur pour la déchiffrer. Je n’ai pas directement trouvé de relais sur le site corporate du fabricant d’emballages et la page dédiée, Planète Tetra Pak, n’a pas de contenu qui rappelle la campagne. Quelques lignes dans Stratégies expliquent le but de l’opération de Tetra Pak : "attirer l’attention sur son estampille, présente sur une multitude de produits". L’idée est bonne, sa mise en forme sans doute un peu compliquée.
Tetra Pak communique beaucoup sur les avantages technologiques et écologiques de ses produits (j’avais parlé de la campagne "Protège ce qui est bon" cet été) comme le font plus généralement les industries qui conçoivent des solutions d’emballage. La dymamique des publicités Tetra Pak est à situer dans un effort de communication global analysé par Shabnam sur EcoloInfo, à savoir valoriser les technologies innovantes susceptibles d’apporter une réponse aux exigences de gestion des ressources et de packaging.
Dans son article "Ne pas brouiller le message de la prévention", elle fait toutefois état d’initiatives qui sèment la confusion avec des affirmations douteuses (type Canblog). Son constat est valable pour les briques Tetra Pak comme les canettes en aluminium ou encore les bouteilles en plastique. Tout ce qui est recyclable n’est pas écologique dans la mesure où recycler, c’est toujours travailler, d’autant que tout ce qui est recyclable n’est pas recyclé. Par conséquent, le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas.
Promouvoir le zéro emballage, l’emballage réutilisable et consigné comme alternative à l’emballage consigné ou valorisable demande évidemment un engagement fort et des investissements conséquents de la part de la filière. Pourtant, cette conclusion a le mérite d’être plus complexe que les slogans actuels et serait certainement une belle base aux futurs messages de communication…
J’imagine déjà des packagings allégés en poids Tetra Pak Light © avec une réclame reprenant l’image de la plume. Un visuel représentant un sac en plastique dont les contours sont en pointillés, replacé par un sac de récup’ au premier plan pour la future collection Kipling vintage leather ©. Vous les imaginez aussi ?
A MaRong qui a repris l’écriture sur l’appétissant Ingrédient manquant.
Par l’image alléchée, j’ai parcouru la dernière galerie de Todd Selby sur les Mast Brothers à New York :
l’artisan qui travaille dans une boutique comptoir,
les sacs de jute empilés et estampillés cacao biologique,
les fèves torréfiées d’un marron appétissant. Lire la suite
Don’t get me wrong… I’m not a vegan activist! Yet I like the ‘Support Meat Free Monday’ campaign that links meat consumption and environmental awareness.
Je ne suis pas végétarienne militante… pourtant j’aime assez l’idée de la campagne Support Meat Free Monday. Promouvoir la diminution de notre consommation de viande le lundi (et + si affinités) en lien avec la protection de l’environnement, voilà un exemple de communication sensée.
Le ton est différent des publicités glamour pour les collections de Stella McCartney mais l’esprit est le même – consommer moins pour consommer mieux.
Porté par Sir Paul McCartney, ses filles Mary et Stella et des personnalités majoritairement anglo-saxonnes, le projet appelle à un engagement de la part du consommateur – oui, vous – et de son entourage. L’argumentaire repose sur des données scientifiques (The Facts on a Plate) dont le mouvement végétarien s’est approprié depuis des années de l’autre côté de la Manche. L’effort est moins partagé en France, il nous manque peut-être un chanteur mythique pour porter ces valeurs ?
Repéré dans un publi-reportage d’une double page dans Marie Claire Italie de novembre : L’Oréal Professionnel et la gamme Série Nature Abondance de Cacao. Je n’ai pas retrouvé le visuel en entier mais je peux assurer de l’efficacité des images (le chocolat dans un magazine féminin reste une recette classique qui fait mouche à chaque fois) (au hasard, sur moi) qui m’ont poussée à y voir d’un peu plus près.
C’est une gamme sortie en mai 2009 dont le nom, Série Nature, fait référence à une tendance forte, la montée en puissance des produits naturels et l’intérêt des médias pour la chose (et vice versa) : "Série nature met le pouvoir des ingrédients d’origine naturelle au service de la beauté des cheveux". L’argument des produits Abondance de Cacao pour cheveux fins est notamment l’absence de silicone. Lire la suite
Si vous habitez en ville, vous n’avez pas pu échapper aux affiches Nivea Creme. Le bleu et le blanc dominants ainsi que les lettres majuscules blanches permettent d’identifier le produit phare dans la lignée des campagnes historiques de Nivea. Le site institutionnel met en scène les utilisateurs à travers le monde, de New York et à Berlin en passant par Victoria et Bangkok, sous le slogan "Partout. Pour tous. Le concentré de soin."
Cette fois, il n’est pas seulement question de vanter le caractère universel de la crème qui a fait ses preuves pour les peaux sèches. C’est la première publicité de Nivea que je vois avec l’argument santé "sans paraben". Sans référence expresse à la nature, Nivea Creme est positionnée comme un produit respectueux de la peau et donc de la santé des consommateurs. Ce positionnement me fait penser à celui de Sanex NaturProtect sans aluminium.
La transition entre les campagnes précédentes avec une signature comme "La beauté est un choix" se fait assez naturellement dans la mesure où les codes et les couleurs propres à la marque sont respectés. La baseline "Depuis toujours, du soin et rien d’autre" ancre le produit dans le passé et réaffirme la promesse produit pour aujourd’hui. Le passage au thème santé et environnement se veut comme une évidence.
Il faut replacer cette campagne dans un contexte où le souci des marques cosmétiques est d’élaborer des formules sans paraben, ce qui d’un point de vue scientifique peut être assez contestable – lorsque je l’avais interrogée pour son blog (dé)maquillages, Sophie m’avait avertie qu’il s’agissait davantage d’un argument marketing dans la mesure où les substituts des paraben, type huiles essentielles, peuvent avoir d’autres inconvénients.
L’important reste bien sûr que la texture riche de Nivea Creme soit préservée afin que ses fidèles en quête d’hydratation des couches supérieures de l’épiderme continuent à l’appliquer généreusement avant de dormir (message subliminal aux lèvres blanches).
Concours de beauté… ne pas déranger…
Premier jour de l’année… retour à la chasse aux images pour le blog qui a revêtu ses habits d’hiver… Etonnant comme on utilise des images et des registres de langage opposés pendant la période des fêtes, entre incitation à la consommation et inquiétudes quant à l’avenir. Je lisais une note de Géraldine Dormoy parue en décembre à propos du blog Sea of Shoes et j’observe ce petit monde d’escarpins pour le plaisir des yeux, comme les campagnes dans les pages glacées des magazines (Aigle et Hermès, Mulberry et Stella Mc Cartney cette saison). Oui, juste pour le goût du beau. Je ne crois pas que ce soit si superficiel même si parfois le monde est parfois crazy in the head…
L’image que je préfère garder en tête, c’est celle du texte en lettres majuscules bleu indigo d’Ever Manifesto en faveur d’une mode réinventée selon le principe de sustainability. J’aime surtout l’entretien avec Franca Sozzani mené par Charlotte Casiraghi. L’intérêt de la rédactrice en chef de Vogue Italia pour les processus de fabrication de l’industrie textile et de la chaussure semble réel :
We all have to move forward and that includes my magazines. Unfortunately, in a picture you cannot recognize what is sustainable or not so we have to write, to interview people who are reliable, to ask designers to create something special, to teach students in the fashion schools, and to spend time and energy in participating in great projects such as the one we are doing at the Cittadellarte Fondazione. A magazine, I believe, has a mission and Vogue, as “the” fashion magazine also has a responsibility to help the readers understand not only the ephemeral side of fashion, but also the ethical side. Lire la suite