Archives de avril 2010

(RED) En Vogue

Militant et branché : voilà deux qualificatifs qui caractérisent à première vue le numéro de Vogue Paris de mai. Le magazine, par essence l’ambassadeur du luxe et des belles images, fait la promotion de la campagne (RED) en couverture. Habituée à rencontrer davantage des soirées caritatives au service d’associations parrainées par des personnalités que des réflexions sur l’éthique de la mode, je feuillette les pages avec un autre oeil. Ce qu’il faut retenir de ce numéro, c’est une rédactrice en chef invitée, Penelope Cruz avec un (RED) au marqueur sur l’épaule – ou comment une actrice rencontre un projet caritatif dans un des magazines au plus près des tendances. Une initiative semblable à celle de Harper’s Baazar avec Scarlett Johansson en janvier dernier. Lire la suite

Interview # Laurent Baussan De La Clarée

Avis de dépaysement dans les Alpes de Haute Provence. Je vais vous raconter une rencontre à La Fare 1789, près de Forcalquier, où la pierre sèche côtoie les oliviers et le cade. Le soleil de printemps chauffe la terrasse, la grande salle à manger est fraîche. Sans appareil photo pour capter les couleurs de cette journée mais un Moleskine sous la main, je fais la connaissance de Laurent Baussan, fondateur de La Clarée, marque de cosmétique biologique et bien plus.

Parcours. Laurent Baussan est tombé dans les cosmétiques quand il était petit avec L’Occitane et a exploré le processus de saponification à Dakar et à Cap Vert. Il a été à l’origine d’une gamme cosmétique biologique en 2004 dont le partenariat et la formulation avec Ecocert se sont révélés compliqués. La Clarée est donc arrivée en 2007 répondant à plusieurs objectifs :

  1. Développer une gamme de produits biologiques 3 à 9 fois au-dessus des normes Ecocert.
  2. Valoriser un déchet, la feuille d’olivier.
  3. Travailler en synergie avec des producteurs et des laboratoires locaux.

En un mot, chercher à faire un produit très bio, à la fois éthique et solidaire, mais aussi une gamme technique avec des principes actifs et un bénéfice produit reconnu par les centres de soins et d’esthétique. Lire la suite

Collage # Variations Autour De Une Beauty

Vu dans l’Express Styles : un des visuels de la campagne Une Beauty (à droite). Lire la suite

Projet Clean Art Planet

Pas de publicité à l’affiche ce week-end, mais un zoom photographie, dans le même mouvement que la dernière campagne de la Surfrider Foundation. J’ai été emballée par l’idée et le rendu de Clean Art Planet Project. Un collectif d’artistes – Gilles Cenazandotti, plasticien, Thierry Ledé, photographe et Charlie Sansonetti, réalisateur – s’est créé à l’occasion du 8 juin 2009, Journée mondiale de la Mer, avec l’objectif de donner à voir du beau à partir du laid. La beauté et les merveilles des fonds marins ; la laideur des déchets lavés et délavés par la mer.

Il y aurait matière à travailler sur les marques : comment notre canette de Coca Cola ou de Fanta se transforme à cause de l’effet corrosif de l’eau, comment une Havaianas sans sa jumelle vogue au gré des courants, comment les objets de consommation usuels ont une seconde vie dont nous ignorons l’existence, jusqu’à ce que les vagues les rejettent… Clean Art Planet Project s’intégrerait très facilement à l’imagerie publicitaire ! Lire la suite

Campagne CCFD-Terre Solidaire "Le Sud Mérite Mieux Que Nos Clichés"

Entendu sur France Inter : Spot CCFD-Terre Solidaire : Le Sud mérite mieux que nos clichés

Une campagne de communication sociale à la façon de Magritte, sauce provoc’, qui vise à lever les freins à la solidarité internationale et les clichés enfermant l’Autre dans des représentations erronées. Le CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développpement) prend le contre pied de certaines campagnes culpabilisantes et misérabilistes. J’y verrais bien une déclinaison en commerce équitable et protection de l’environnement.

H&M Cultive Sa Collection Bio

Difficile d’échapper cette semaine aux affiches printanières H&M au goût de flower power. La Collection Garden par H&M sortie le 25 mars fait la part belle au coton et au lin biologiques ainsi qu’au polyester recyclé. Une campagne publicitaire ensoleillée l’accompagne avec une Natasha Poly hâlée sous la lumière aveuglante du désert à Palm Springs.

A la différence des collections capsules créées en partenariat avec des designers en vue dont Sonia Rykiel a été le dernier épisode, l’attention est davantage portée sur le label biologique que sur la marque. Une souci particulier est accordé à la communication déclinée en print et web donnant clairement une caution morale à l’enseigne suédoise. Les affiches Garden Collection comportent une inscription (modeste) sur l’origine des matières. Sur Internet, on trouve plusieurs vidéos sur le making of de la collection et l’accent est mis, avec Catarina Midby, Trend Coordinator, sur la mode durable : ‘The reason why we are working with sustainable fabrics and sustainable fashion is because we want to invest in a better environment, but also because our customers are interested in sustainable fashion and are demanding it‘.

Une page du site web d’H&M est d’ailleurs consacrée aux matières durables qui sont à l’honneur (coton, laine, lin biologiques et coton, polyester, polyamide et laine recyclés), dans le souci de prendre en compte à la fois les producteurs et les consommateurs :

Le respect de l’environnement est essentiel pour nous comme pour nos clients. C’est pourquoi nous utilisons déjà des matières durables dans la fabrication de nos produits et nous en testons constamment de nouvelles.

Actuellement, la matière durable la plus importante chez H&M est le coton biologique. C’est un coton cultivé sans pesticides ni engrais chimiques, ce qui est préférable pour l’environnement et les ouvriers des exploitations agricolesH&M vend des vêtements à base de coton biologique depuis 2004 et continue à investir dans cette initiative. L’objectif est d’augmenter de 50 % l’utilisation de coton biologique d’ici à 2013.

Durable, voilà un terme que je n’aurais pas associé pas directement à la marque suédoise… Je suis donc allée jeter un coup d’oeil aux étiquettes, comme je l’avais pour la Collection Matthew Williamson. Verdict, un stylisme sympa dont la marque suédoise a fait sa marque de fabrique, des mentions Organic Cotton ou Polyester recyclé, des tuniques aux bras des clientes en attente d’une cabine d’essayage et pas mal de sacs Garden Collection après le passage en caisse. Rien donc de très nouveau dans les pratiques de consommation chez H&M. Et vous, convaincu(e)s ?

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