Archives de mai 2010

WebCream 2010 # Etat Du Marketing Social

#webcream, c’est 6 questions lancées par le Citoyen Laurent François et qui m’ont été soumises par Thibaut Thomas, qui visent à rassembler les avis sur l’avancée du web social dans nos vies et notamment du point de vue du marketing.

Qu’est-ce qui est ouvert, là, tout de suite, dans tes onglets ou sur ton portable ? Netvibes pour suivre les dernières notes de mes blogs préférés c’est-à-dire écologie/mode/ cosmétiques/illustration, Jak & JilGarance Doré et The Sartorialist dont je suis chaque jour les clichés, Twitter d’où je tire plein d’infos subjectives et enfin ma page Gmail.

Quelles sont les 3 figures digitales les plus influentes pour toi en ce moment ? Bizarrement ce n’est pas vers les figures digitales que je me tourne principalement pour avancer dans le web social, d’une part faute de connaissance exhaustive, j’aime simplement les personnalités qui ont fait de leur blog une marque (références ci-dessus) mais d’autre part parce que j’aime bien me tourner vers le support papier pour avoir davantage de recul sur les phénomènes récents : dernièrement, la philosophe Marie-José Mondzain (réflexion sur l’image et sur la mode), le couturier Christian Lacroix dont l’approche syncrétique me passionne et enfin Manolo Blahnik dont les croquis sont bluffants. Je vais toujours en librairie et en bibliothèque pour compléter ce qui a attiré mon attention sur le web – réflexe IEP certainement.

Quel est le produit qui te semble le plus impactant pour les prochaines années ? Tous les outils du web social qui constituent une nouvelle donne dans la relation entre marque et consommateur.

Quelle campagne marketing (pas seulement digital) t’a marquée cette année ? La campagne Une Beauty que j’ai vu en print sur le web, puis relayée par les blogs cosmétiques. Il m’a semblé que c’était la première campagne multisupports qui faisait la promotion d’une nouvelle marque bio. Forcément, derrière ces moyens, le groupe Bourjois.

Donne-nous une adresse vers un site / blog pas forcément très connu mais qui est inspirant pour toi marketer ? Les sites et blogs de marques pionnières type Machja, pour le textile bio et équitable, et La Clarée, pour les cosmétiques bio, ont beaucoup à raconter !

Quel mot ou association de mot résume ce début d’année dans l’univers marketing ? Hésitation entre l’ancien et le nouveau. Le retour aux racines et à l’authentique en même temps que la recherche d’innovation.

A vous, Anna et Cezame !

Mode Et Recyclage Selon Mondzain

Une réflexion à signaler au hasard de lectures éclectiques (je vous ai habitués davantage aux magazines féminins dernièrement qu’aux essais philosophiques – Changez, tel est bien l’ordre de cette Quinzaine): celle de Marie-José Mondzain sur la mode, bien plus qu’une préoccupation légère de choix de tissu, mais bien enjeu de l’image sociale et de soi. Ses réflexions sur l’image (L’Image peut-elle tuer ?, 2002) ont complété le cours d’Art et Politique que je suivais passionnément. J’ai trouvé dans La Mode (Les Petites Conférences, Bayard, 2009) transcrivant une conférence donnée le 28 mars 2009, une discussion complexe sur nos habitudes vestimentaires.
La chercheuse et philosophe fait une petite histoire de la mode et de ceux qui la suivent (p.29) et conclut au phénomène de la mode comme industrie du spectacle et de la communication (p. 56). A la lumière d’une grille de lecture marquée par les analyses de Debord et de Barthes, se trouve en effet le portrait de notre société du spectacle où l’on se met plus que jamais en spectacle par la mode.

J’ai retrouvé au fil des pages le paradoxe extrêmement fort entre fast fashion et sustainable fashion. Sans aborder dle thème de la mode durable ou du textile bio/équitable, les lignes de Mondzain sur l’usure et la réparation des vêtements ont résonné en moi.

Le recyclage a en effet longtemps été la caractéristique de la majorité désargentée et le tailleur réservé à l’aristocrate. "Pendant des siècles, la pauvreté a ignoré la mode. La misère est conservatrice par nécessité (…) En vérité la mode ne concerne que ceux qui peuvent se changer avant d’avoir usé et progressivement jetteront sans réparer" écrit Mondzain (pp. 48-49). Le prolongement de cette pensée s’inscrit directement dans les tendances recyclage mises en avant par les médias actuellement. Dernier titre en date, le supplément de L’Express :

Avant, recycler était triste, voire miséreux. Ce comportement correspondait à une gestion prolétaire et paysanne de l’usure. La misère était conservatrice par nécessité, et seuls les plus aisés s’offraient le luxe de ne pas attendre que leurs vêtements soient usés pour les changer. La mode ne concernait qu’eux. Or on assiste à une inversion des valeurs. Aujourd’hui, conserver est un comportement paré de toutes les vertus chez les privilégiés – qui ont les moyens d’acheter de belles pièces – tandis que les moins riches sont contraints de jeter rapidement des vêtements de piètre qualité qui s’usent à la vitesse grand V.

Marie-Josée Mondzain dans "Recyclage version luxe". L’Express Styles, 2 avril 2010

Comme dans un retournement de valeurs, les créatifs culturels se réapproprient le recyclage, même s’ils ont les moyens d’acquérir du neuf. A ceux qui critiquent l’imposition des valeurs opérée par les faiseurs de tendances, répondent les individus enclins à jouer et détourner les codes. La mode comme engagement politique et social davantage qu’économique se décline dans la tendance vintage. A moins que ce soit un engagement à simplement chercher la beauté dans le quotidien…

Collage # Quinzaine Du Commerce Equitable

La Quinzaine du commerce équitable s’est ouverte le 8 mai et la promotion du commerce équitable du label Max Havelaar partenaire s’appuie sur le slogan Changez. Pendant ce temps, vous n’avez pas pu échapper à la campagne Auchan sur la Bio économie où prime l’argument prix. Drôle de timing.

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