Archives de mai 2011

Interview # Seb De Laspid

Souvenir d’un week-end ensoleillé à Lyon, entre la Tête d’Or et les Terreaux. Du temps pour regarder les vitrines, du temps pour rentrer dans des boutiques. Tiens, Laspid, au bas des pentes, un joli mélange de design et de slogans écolos entouré de vieilles pierres de la Croix Rousse. Ce nom me dit quelque chose – j’ai dû voir ça sur Twitter et via les écoinformateurs. Je rentre donc, découvre des tee shirts et autres vêtements en coton porteurs d’un message mi-engagé mi-subversif et commence à échanger avec Seb, co-fondateur de la marque. Je lui donne la parole dans ces colonnes…

J’ai 33 ans, je suis le papa d’un petit gars de 3 mois et j’habite à Lyon depuis 5 ans, c’est-à-dire depuis le lancement de Laspid. Au départ, il s’agissait pour moi de changer d’activité professionnelle. Après des études d’économie et des expériences dans le marketing et le web, j’ai été auxiliaire de vie pour une mission handicap et bénévole à Artisans du Monde, ce qui a marqué mes premiers pas dans le commerce équitable. Je me suis intéressé aux modèles alternatifs de l’économie de marché  et je suis arrivé à la conclusion que l’économie est une boîte dont on fait ce que l’on veut.

En parallèle, j’ai commencé à faire des tee shirts pour des copains et j’ai développé ma sensibilité aux techniques de sérigraphie et de typographie. Alors qu’avec mon associé, Baj, nous partagions le même ras le bol, nous avons senti que le moment était venu de lancer un projet cohérent et abouti, permettant de lier bio et équitable. Notre point commun est d’aimer faire des tee shirts, d’envisager les rapports client/fournisseur autrement que dans les entreprises de mode, s’intéresser au bio et au web : ainsi est né Laspid. La vente en ligne s’est développée via le bouche à oreille ; l’activité, au départ régionale, s’est développée dans les pays francophones et une traduction du site en anglais et en espagnol est en cours.

Développement durable. Lire la suite

Greenwashing Machine

Et de deux bougies pour The Greenwasher. Voici pour l’occasion une réalisation de Laspid que ma moitié m’a offerte et dont je reparlerai bientôt ! Comme le résume bien "Insérer votre marque ici et passer pour un gentil là", la greenwashing machine fonctionne à plein régime et il y aurait tellement de cartons verts à donner. Tenez, dernièrement, Honda ou Adoptez un déchet de Dop. En deux ans, le phénomène a pris de l’ampleur dans la mesure où il est devenu une norme, un chemin obligé pour les communicants. Qu’elle fasse ou non la promotion d’un produit éthique, la publicité met une touche de peinture verte où bon lui semble, parfois pour mettre en lumière une réelle innovation écolo, la plupart du temps au service d’une tendance ecofriendly qui sonne un peu creux. Mais ne vous méprenez pas : si mon ton est critique, il n’est toutefois pas nostalgique d’une période révolue et idéalisée, d’un âge d’or publicitaire que je n’ai pas connu. Au fond, c’est bon d’être observatrice de toutes les images du quotidien.

Locatouriste

Locatouriste. n. m. (2011) Contraction de local et touriste, vue sur sur Ecolo-info, qui décrit une tendance sur le modèle du mouvement locavore, consistant à rechercher à limiter ses déplacements en vacances dans un rayon de 200 km. Les vacances entrées dans les habitudes des Français en 1936 ont conduit à l’accroissement des flux de vacanciers vers le bord de mer et les régions montagneuses. Le déplacement, les vacances et le tourisme, autrefois exception, sont devenus le fait de la majorité ; la question pourrait se poser en ces temps où l’énergie devient plus chère de savoir si l’aventure au coin de la rue ne serait pas aussi profitable et enrichissante que  le voyage au bout du monde C’est une sorte de plaidoyer à connaître son environnement proche que formule le locatouriste.

Alors que les beaux jours sont là et que les week-ends prolongés pointent le bout de leur nez, (merci voyage-sncf.com et easyjet), je me sens bien loin du locatouriste. J’en apprécie les principes – et en général les vacances se font chez les amis ou la famille – mais je réalise qu’il y a un tas de choses que je n’ai jamais vues autour de chez moi, que mon invitée hongroise est susceptible de connaître mieux que moi. Merci d’être indulgente, Alicia… Comprends que, digne représentante de la génération Y, je me sens à la maison à Belfast et à Bruxelles comme à Ancona ou à Lyon. L’interrail a été mon sésame, la carte 12 25 me profite encore pour quelques mois.

Changements de vie obligent, je vais peut-être emprunter aux locatourisme malgré moi. Et garder beaucoup de leurs principes – à l’image de mon expérience locavore transposée au gré du vent – tout en gardant le goût de la bougeotte. La découverte de l’inconnu en sac à dos a du bon.

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