Everybody Can Do Something

Intercepté sur la page Facebook d’Ekyog.

Je me rends dans leur boutique régulièrement et j’y trouve presque toujours de belles pièces conformes à leur éthique de Positive fashion. J’ai déjà parlé à plusieurs reprises de cette marque qui a le vent en poupe (lire par ), par conviction et certainement pas parce que j’y aurais des actions. Cette précision faite, j’ai intercepté sur leur page Facebook cette petite vignette sous forme de lapalissade, que je trouve inspirante

° parce que les slogans prennent corps à long terme dans le quotidien, l’habituel, l’ordinaire sans entraîner le changement à tout crin – et ce, parce qu’ils sont incarnés par des individus qui font leur part

° parce que lorsque l’on ne passe pas d’un modèle consumériste à un modèle décroissant du jour au lendemain, sans l’adhésion de chacune et de chacun, conscients de la justesse de leurs orientations - parce que rien ne sert de courir, il faut agir à point

° parce que les petits gestes font les grandes habitudes, que les modestes achats (au hasard, sur les vêtements en coton bio) ont une influence bien plus importante que l’on imagine sur les modes de production et les circuits de distribution

° parce que c’est bon de polliniser les idées vertes dans le cercle familial et amical, de développer les échanges et les solidarités (un pot de coulis de rhubarbe maison contre des tomates du jardin, dernier exemple en date)

° enfin, parce que c’est bon de s’imprégner d’idées nouvelles qui donnent des perspectives différentes, tant au point de vue individuel que collectif. Solutions locales pour un désordre global de Coline Serreau, Nos enfants nous accuseront de Jean-Paul Jaud,  Ecologie, communauté et style de vie d’Arne Naess sont mes livres de chevet du moment et donnent bien des clés pour faire – parce que chacun peut faire quelque chose.

Belles Images De L’Ethical Fashion Show

L’Ethical Fashion Show se tenait à au Caroussel du Louvre à Paris en fin de semaine dernière avec Universal Love aux manettes. Je reste sur cette image inspirante, moderne, qui correspond bien à un événement visionnaire. On est loin du pull tricoté en crochet, on imagine des pièces qui font marcher l’imagination, des vêtements romantiques, des matières luxueuses issues de fibres naturelles, et pourquoi pas convoler vêtus par des créateurs qui suivent une Charte de bonne conduite. Faire confiance à l’imagination au pouvoir, aux coopératives et aux artisans qui osent s’engager dans des modes de production alternatifs.

Plus d’images sur le fil Twitter EthicalfashionS

Campagne Edun ‘Birds Of Prey’

Zen Sevastyanova et Grace Bol photographiées par Ryan McGinley

Rentrée en images avec les volatiles d’Edun. Après les papillons poétiques du printemps-été 2012, la marque d’Ali Hewson et Bono met à l’honneur les rapaces cette saison avec des visuels insolites de Birds of Prey, blanche chouette, calme hibou, buse aux abois. L’engagement militant en faveur du développement durable sur le continent africain est renforcé par une communication efficace – les moyens financiers, grâce à LVMH, ne manquent pas pour promouvoir sa vision du monde. On est à mille lieux du travail de fourmi et de proximité des petites marques bio ou des boutiques équitables : Edun continue de jouer dans la cour des grands.

Du Vert Dans Les Oreilles

Oyez, oyez, des émissions radio qui sont passées cet été sur les thématiques environnementales. Voici une sélection de podcasts – France Inter en intraveineuse – pour alimenter votre réflexion.

Yann Arthus-Bertrand dans Ils changent le monde de Caroline Fourest sur France Inter. Ou comment poursuivre le débat sur la communication autour de la protection de l’environnement, coincée dans le dilemme du discours sans action et de l’action sans valorisation par le discours.

Dans la même émission, une rencontre avec Tristan Lecomte. Ou trouver la continuité entre le commerce équitable selon Alter Eco et des projets de reforestation aux quatre coins du globe avec Pur Projet.

Le Vert est vide en Russie, dans l’émission Le monde sur un plateau sur France Inter. Ou comment prendre conscience du prix de l’énergie assumé par le consommateur et le coût environnemental de cette énergie (à mettre en parallèle avec les actions récentes de Greenpeace en Sibérie dans la République de Komi ou en Mer de Pechora).

Enfin, pile dans l’actualité, l’intervention d’Arnaud Gossement dans le 5/7 de Dorothée Barba. Ou comment poser la question de l’intervention politique sur le prix des carburants alors que la taxe carbone a été abandonnée il y a quelques mois et que les modes de transport doux restent de l’ordre de la contrainte ou de l’utopie pour beaucoup.

Bonne rentrée en son et à très vite en images.

Green Interview # Robert Klüsener, Feuerwear

Un post aux couleurs des vacances en ces derniers jours de juin alors qu’il est temps de faire les valises pour un week-end. Vous vous êtes peut-être déjà demandé de quoi sont faits vos besaces, sacs, portefeuilles, étuis à portable… Ceux de la marque Feuerwear ne sont ni en nylon ni en cuir mais en matériel récupéré chez les pompiers. Robert Klüsener, responsable communication et vente de la marque allemande de sacs issus du réemploi de lances incendies, a accepté de répondre à la Green Interview.

Feuerwear a été fondé en 2005 avec l’objectif de créer une mode durable par l’upcycling, c’est-à-dire par l’utilisation des matières de récupération. Fonctionnalité et qualité sont deux caractéristiques importantes pour Feuerwear dans la mesure où un produit ne devient durable que s’il reste en état pour longtemps et s’il utilisé régulièrement.

L’idée est née lors du projet à la fin de mes études d’ingénierie textile : dans le cadre de mon mémoire, je me suis demandé comment réutiliser des matières vouées à finir à la poubelle pour en faire des nouveaux produits, cela en impactant le moins possible l’environnement. Après des essais avec des sacs à café et des voiles de bateau, j’ai finalement trouvé la matière adéquate. Les lances à incendie transformées en sacs à main, besaces et cartables sont des produits modernes et durables et, bien sûr, en accord avec l’environnement.

Je m’occupe maintenant du marketing et de la distribution des pièces Feuerwear tandis que mon frère Martin est en charge du design et de la production. Nos pièces sont aujourd’hui vendues chez plus de 80 distributeurs dans 11 pays et sur 3 continents.

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Campagne Biocoop ‘Paysan Par Vocation’

Publicités repérées au gré de mes saines lectures (Femme Actuelle juin 2012)

En cette Journée de la lenteur, je vous emmène dans le pays merveilleux des fruits et légumes. Vous savez, ces éléments essentiels à notre alimentation que l’on trouve souvent trop chers ou trop standardisés mais qu’on nous incite à consommer dans des campagnes institutionnelles soutenues par l’Union Européenne. La dernière en date, ‘De la terre à l’assiette’, est belle, mais ce petit monde léché ne semble pas connaître les irrégularités des légumes bio ni la terre sur les carottes avant qu’elles n’arrivent lavées et brossées sur les étals des commerces.

Créer une relation de proximité et de confiance avec le consommateur, voilà l’objectif de cette campagne de Biocoop qui fait la part belle aux producteurs avec un argumentaire engagé. Apposer la photo du paysan sur le produit, à l’instar des produits Petit producteur, revaloriserait le travail de ceux qui alimentent nos assiettes. Je n’irai pas chercher les résultats des focus groups pour savoir si effectivement cette campagne a eu un impact sur la perception du métier d’agriculteur.

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Les Paradoxes Du Greenwasher

Trois ans et des poussières que j’use de ma plume ici, et vous ai habitué à des billets plutôt engagés, pour des projets qui sortent de l’ordinaire, et pour une com’ de bon sens. Personnellement j’essaie de lier le geste à la parole et me fais avocate des petits gestes du quotidien. Pourtant subsiste un fossé entre mes intentions et mes pratiques – comme la plupart des Français, ainsi que l’indiquent les instituts de sondages.

Un exemple. Excellente chose que la reformulation de la ligne Vinosource de Caudalie : de bons produits avec de l’eau de raisin bio, une symbolique forte autour de la vigne, on ne pourrait faire meilleur ambassadeur de notre France, le tout appuyé par de jolis supports de com que je m’empresserai de détourner dans un collage. Mais au fond, qu’est-ce que cela change dans notre consommation de cosmétiques – consommer de moins en mieux ? Utiliser les produits jusqu’à la dernière goutte et recycler davantage ? Prendre soin de soin aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur ?

Autre exemple. Cette huile bio de Tunisie que l’on trouve dans une célèbre enseigne spécialisée : un prix abordable, une garantie sans OGM et pression à froid. Le bio se démocratise mais qu’est-ce que cela change par rapport à une huile traditionnelle ? Le label peut-il remplacer le plaisir des olivades ? Et si on se mettait plutôt au troc, je te donne un litre de l’huile de mon voisin contre des plants de tomates…

Quand la communication consacrée à un objet innovant pour le respect de l’environnement est plus importante (en termes de budget notamment) que la véritable innovation sociale, ce n’est plus un paradoxe mais un grand écart que l’on appelle greenwashing – et l’innovation perd son intérêt. Quand Volvic ou Pilot développent des produits issus de plastique recyclé, c’est un pas en avant, mais je ne sais pas si l’aspect ludique et sympathique de la communication participe réellement d’un changement des habitudes de consommation.

Finalement, tous les efforts que l’on fera en faveur d’une société qui mesure ce qu’elle dépense, ne sont pas linéaires et n’aboutissent pas à un résultat donné mais à une série de questions. Le train du développement durable ne va pas de la gare A à la gare B, terminus du train, tous les voyageurs descendent de voiture, au contraire, il passe de gare en gare dans un processus lent qui devrait mélanger avancées techniques et sociales.

Cette petite note pour transmettre un peu de complexité dans le discours assez manichéen du développement durable version 2012. Vous transmettre aussi une dose d’optimisme saupoudré de bon sens, parce que c’est vraiment savoureux de changer le quotidien à petits pas et à coups de paradoxes.

Les français sont inquiets pour l’environnement. Et la hausse des prix du gasoil. Campagne RTL mars 2011

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