Interview # Seb De Laspid

Souvenir d’un week-end ensoleillé à Lyon, entre la Tête d’Or et les Terreaux. Du temps pour regarder les vitrines, du temps pour rentrer dans des boutiques. Tiens, Laspid, au bas des pentes, un joli mélange de design et de slogans écolos entouré de vieilles pierres de la Croix Rousse. Ce nom me dit quelque chose – j’ai dû voir ça sur Twitter et via les écoinformateurs. Je rentre donc, découvre des tee shirts et autres vêtements en coton porteurs d’un message mi-engagé mi-subversif et commence à échanger avec Seb, co-fondateur de la marque. Je lui donne la parole dans ces colonnes…

J’ai 33 ans, je suis le papa d’un petit gars de 3 mois et j’habite à Lyon depuis 5 ans, c’est-à-dire depuis le lancement de Laspid. Au départ, il s’agissait pour moi de changer d’activité professionnelle. Après des études d’économie et des expériences dans le marketing et le web, j’ai été auxiliaire de vie pour une mission handicap et bénévole à Artisans du Monde, ce qui a marqué mes premiers pas dans le commerce équitable. Je me suis intéressé aux modèles alternatifs de l’économie de marché  et je suis arrivé à la conclusion que l’économie est une boîte dont on fait ce que l’on veut.

En parallèle, j’ai commencé à faire des tee shirts pour des copains et j’ai développé ma sensibilité aux techniques de sérigraphie et de typographie. Alors qu’avec mon associé, Baj, nous partagions le même ras le bol, nous avons senti que le moment était venu de lancer un projet cohérent et abouti, permettant de lier bio et équitable. Notre point commun est d’aimer faire des tee shirts, d’envisager les rapports client/fournisseur autrement que dans les entreprises de mode, s’intéresser au bio et au web : ainsi est né Laspid. La vente en ligne s’est développée via le bouche à oreille ; l’activité, au départ régionale, s’est développée dans les pays francophones et une traduction du site en anglais et en espagnol est en cours.

Développement durable.

Je n’ai pas de définition particulière du développement durable – c’est un concept très large dont on entend tellement discuter – mais il me semble que la base est le respect de l’autre. Au cours de mes études et de mes expériences professionnelles, j’ai rencontré le manque de transparence, les manipulations, le sens du mystère. Dans l’industrie du textile, notamment, les marges gigantesques entre le prix de confection et le prix de vente, la présence de nombreux intermédiaires et le poids omniprésent de la publicité créent un système aberrant. Au contraire, j’ai envie de me lever le matin en étant content d’aller travailler pour mettre en place des partenariats basés sur le long terme, l’honnêteté et la simplicité. Nous avons pourtant rencontré beaucoup de difficultés pour trouver des structures avec qui mettre en place des filières : la complémentarité bio/équitable ne semblait pas évidente il y a quelques années.

En réalité, la question que l’on doit se poser est la suivante : quelle est la valeur d’un tee shirt ? Toujours moins cher (mais à quel prix ?) le tee shirt est un objet emblématique de notre quotidien. Le paradoxe est que deux pièces dont le filage est réalisé au même endroit peuvent se retrouver chez Colette ou finir en chiffon, l’écart de valeur pouvant aller de 1 à 1000. Et chez Laspid, nous achetons nos tee shirts à un prix supérieur au prix de vente en boutique H&M [Ndlr – cherchez l’erreur…]. Pour un petit projet flexible, la difficulté est la dimension commerciale et la question des marges.

Communication et publicité.

De façon très basique, un produit doit faire envie. Nous communiquons donc moins sur l’origine bio que sur l’originalité et la qualité du vêtement. La boutique accueille beaucoup de personnes, curieux comme artistes, et c’est bien le bouche à oreille que nous privilégions.

Pour vendre plus, il faudrait faire plus de pub, et donc vendre encore plus, mais nous ne voulons pas rentrer dans cette tendance qui marche sur la tête, où la concurrence pour des parts de marché prend le pas sur le projet. Nous avons simplement pris un encart dans le journal local au moment de notre déménagement. Plus concrètement, nous intervenons auprès de lycéens en cours de sciences économiques et sociales pour l’éducation et la sensibilisation au commerce équitable avec Artisans du Monde. Et en avril, nous avons participé à Street Day, festival de la culture street, qui a été l’occasion de belles rencontres. C’est au sein de ce type d’événements que se créent une synergie et une dynamique, et ainsi le projet Laspid prend tout son sens.

Si vous êtes au bas des pentes de la Croix Rousse,

laissez vous porter par votre curiosité

comme Lolo et Martin

et poussez la porte : 

3 place du Griffon – Lyon 1er / 04 78 23 54 66

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