Campagne Sojasun ‘Le Végétal N’A Pas Fini De Nous Surprendre’

2013_02_28#1

Cette campagne pour les produits Sojasun a presque un an. A plusieurs reprises entre mars 2012 et janvier 2013 (Edit : et depuis le 6 mars), vous avez pu voir la marque dite végétale vanter aliments et boissons variés au nom d’une nature tout aussi variée (tous les visuels signés Lowe Stratéus par ici). J’ai repensé à ce steak au tofu alors que face à la viande de cheval passée pour du bœuf, l’industrie agroalimentaire tremble et que Picard s’engage.

2013_02_28#2

Sans verser dans le végétarisme à tout crin qui ignore la complémentarité culture/élevage, cette campagne m’intéresse parce qu’elle pose la question de notre consommation de viande – de quelle qualité et à quel coût social et environnemental. Je ne suis pas fan des produits Sojasun soit dit en passant, parce que j’ai peu recours aux plats préparés et je n’ai pas besoin d’un message publicitaire, fût-il bon, pour manger des légumes ; je ne refuse pas un bon plat de viande, et j’ai plaisir à cuisiner bœuf bourguignon ou boudin blanc, même si j’ai tendance à en manger peu et d’origine locale.

Je rejoins l’analyse de Mark Sutton, du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), interviewé par Laure Noualhat, pour qui « la viande doit redevenir un aliment spécial ». Et José Bové qui dans le 7-9 de France Inter laissait entrevoir les prochains scandales liés à la viande, et soulignait les avantages des circuits courts d’alimentation. Je suis locavore, oui, et, selon le mot de Mark Sutton, demeatarian

J’ai même inventé un terme pour cela : demeatarian, qui désigne les personnes qui ont décidé de baisser leur consommation de viande. Par opposition au vegetarian, au « veggie », qui y a renoncé totalement, le « demi » mange encore des protéines animales mais deux fois moins. Si pour certains, il est inenvisageable de renoncer au gigot d’agneau pour des raisons culturelles ou de goût, beaucoup d’entre nous peuvent en consommer moins. Il faut que la viande redevienne un aliment « spécial », s’offrir de la qualité en soutenant les agriculteurs locaux et consommer moins de steaks et de saucisses, de plats transformés à base de mauvaise viande pas chère.

Mark Sutton, Libération, 22 février 2013

PS Je me régale du second degré de Nicolas Haeringer pour sa recette des lasagnes au cheval.

[Edit] La campagne Sojasun est donc de nouveau sur nos espaces d’affichages depuis le 6 mars. Beau travail des annonceurs de la marque végétale qui surfent sur une opinion à l’oreille sans doute plus attentive qu’il y a quelques mois ; gros boulot pour Findus et la gestion de son e-réputation en revanche. Derrière le coup publicitaire et la communication de crise, les réflexions de fond se multiplient : je vous conseille l’interview d’Aymeric Caron et la note d’Anne-Sophie Novel sur les façons de reprendre confiance dans le contenu de nos assiettes.

2013_02_28#3

2 réflexions sur “Campagne Sojasun ‘Le Végétal N’A Pas Fini De Nous Surprendre’

  1. Lolo dit :

    Tous ces essais de marketing me confirment la nécessité de faire son marché et d’acheter aux producteurs directement… et me rappellent que je n’ai pas mangé de lasagnes depuis longtemps!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s