Manger Ou Ne Pas Manger, Telle Est La Question

Vu dans Terra Eco du mois de juin : Jardin Bio et Bjorg. Le bio ne se réduit pas aux légumes ou aux oeufs et ces marques positionnées sur le segment naturel ont bien compris quel est leur intérêt. Distribuées en grandes surfaces, elles communiquent sur leur savoir faire (et du coup pour se démarquer de la concurrence des marques de distributeurs comme Monoprix et Auchan). Impossible de passer à côté de cette tendance de plats vertueux :

Jardin Bio double sa campagne presse d’affiches 4×3 dans les grandes villes françaises avec des slogans type Croquez Jardin Bio et faites le bon zeste pour la planète (avis aux amateurs de jeux de mots)

Bjorg produit une série de publicités avec des questionsSuffit-il de manger bio pour bien manger ? Vos céréales Bio, vous les préférez avec ou sans sirop de glucose ? Pédagogique tout en restant plutôt esthétique.

Je lisais ELLE du 18 juin où l’édito d’Alix Girod de l’Ain a encore fait mouche – vous savez que le Docteur AGA est ma référence en matière d’écriture, sa plume étant pour moi une arme de conviction humoristique massive – en décrivant le parcours de la ménagère stressée bien informée au supermarché.

A l’heure des petits déjeuners au Pain Quotidien sous les premiers rayons du soleil et des barbecues sans limite d’horaire, l’auteur de Sainte Futile pourrait conclure : manger ou ne pas manger, telle est la question : Lire la suite

Plume Engagée

Ca doit être l’influence d’Alix Girod de l’Ain, cette recherche du bon mot et de l’image juste. Je revoyais hier un édito datant de cet été que j’ai utilisé pour le collage Bon à recycler, dans lequel elle raconte les pérégrinations d’une mère de famille qui souhaite remplir son caddie durablement. Il y a chez le Docteur Aga un humour décapant qui s’attaque à tout, fait d’actualité et débats de fond, amours des people et idées toutes faites :

Nos enfants sont devenus d’admirables mini-écocitoyens et, au passage, de prodigieux casse-bonbons, pense la cliente in petto. Les psys disent que c’est la surinformation ambiante qui leur fiche la frousse. (…) Une heure plus tard, en réglant les 194 € de son Caddie bo-bio, la cliente réalise qu’elle a dépensé 30 % de plus que d’habitude. Pourtant, elle a tout de même le sourire… Vous savez pourquoi ? Parce qu’elle s’est acheté, pour elle toute seule, un pot de Nutella qu’elle a décidé de ne même pas planquer derrière les réserves de boulgour équitable.

Ce type de plume me manque dans la presse du développement durable. Il y a bien J’ai testé de Laure Noualhat dans le magazine Terra Eco. Il y a ces blogs où l’on discute consommation durable, publicité et greenwashing. Et puis il y a, en majorité, une communication autour du développement durable qui se fait sur le mode culpabilisation. Peut-être parce que les messages sont trop focalisés sur l’avenir de la planète. A long terme nous sommes tous morts, disait Keynes.

Alors, comment parler du développement durable, comment formuler des messages touchant le public le plus large, la forme étant au moins aussi importante que le fond ? J’ai trouvé une piste du côté d’Umberto Eco. Sa critique est celle de la société du spectacle mais aussi de la société de consommation. Il n’y a pas chez lui de discours écologiste  mais une défense du bon sens. Je crois n’avoir jamais lu aussi engagé et drôle que Comment manger une glace Lire la suite