Le Bonheur Est Dans Le Vrai

Confortablement installée dans le tram, je feuillette le dernière numéro du Magazine du Monde avec Lara Stone en une en toute beauté. Donc, ce numéro mélange comme à l’habitude politique, société, gastronomie, mode, soit au programme Laurent Wauquiez, la future CC cream, Paolo Reversi et Slow Food. J’aime beaucoup cet éclectisme, en revanche ce que je ne m’attendais moins à trouver, ce sont ces deux doubles pages entre les rubriques Style et Culture :

Vrai, la marque bio de produits laitiers bio, se distingue par non pas une mais quatre pages qui font la part belle aux producteurs. Ce ne sont pas les pages de Terra Eco, pourtant, au fond, cela n’est pas étonnant vu les moyens financiers de Vrai dont on a vu plusieurs fois les campagnes d’affichage et dont on trouve largement les produits en grande surface et dans les enseignes de restauration rapide.

En visual thinker, je vois dans ce magazine un joyeux mélange d’images et de symboles de slow food, d’authenticité, de simplicité et en même temps d’une société d’abondance qui ne sait pas vraiment comment le lait, le yaourt, le fromage arrivent sur la table. Le verre de lait de Pierre Mendès-France. Les produits laitiers, des sensations pures. Et maintenant, le bonheur est dans le vrai. Mais je ne chercherai pas plus loin les représentations de nos mythes édition 2012… allez plutôt lire du côté de l’histoire du lait.

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Bavardage

Cela faisait un moment que je n’avais pas donné d’eau au moulin du Green Dictionnary. L’envie d’écrire sur le mot bavardage m’est venu à la lecture d’une note de Michel Gutsatz intitulée USA : Le grand nettoyage industriel – ou pourquoi les grands de l’industrie alimentaire américaine prennent très au sérieux les informations nutritionnelles communiquées sur leurs produits. Ben & Jerrys, propriété d’Unilever, a par exemple décidé de supprimer la mention All natural sur ses emballages.

Le lien avec bavardage, me demandera le lecteur qui suit, est une réflexion générale sur notre façon de nous nourrir et la façon dont nous construisons un discours autour de nos habitudes alimentaires.

Pour ceux que la langue française questionne, le bavardage vient du terme bavard (1647), celui qui parle avec abondance et qui est prolixe à l’écrit. Bien que le mot ne soit pas directement lié au domaine alimentaire, j’y trouve une application dans la profusion communication des produits écolo, naturels ou équitables. On s’épanche pas mal sur les tendances fast food, slow food et locavore. Je trouve assez fascinant la tendance à dépouiller la nourriture dans son plus simple élément alors que tout est fait en parallèle pour nous faire consommer du tout emballé, déconnecté du rythme des saisons et prêt en 2 minutes au micro-ondes. Pénélope Bagieu l’illustrait hier en quelques coups de crayon.  

Armé de mon panier paysan, des ustensiles et équipements de cuisine maternels et d’une bonne dose d’idéalisme, je teste la consommation locavore et ça me plaît assez. Je n’aime pas écouter l’argument selon lequel cuisiner serait chronophage. Heureusement d’ailleurs, parce que je passe un bout de temps chaque jour et week-end à concocter des mets de saison. Ca m’éloigne un peu de mon clavier – pour mieux revenir aux blogs de cuisine. Passé le virtuel, il reste des valeurs sûres : le crémier, le boulanger, le charcutier, le boucher, le poissonnier et les maraîchers du marché qui sont toujours prêts à se raconter.

Paroles, paroles, paroles…

Un Cheeseburger Quick Au Goût Bio

De retour d’un pur régal de week-end, de gastronomie et de gourmandise, de bouquins de cuisine libanaise et de Jamie Oliver, je serais tentée de disserter sur le bonheur de laisser passer le temps pour cuisiner. Clairement pro Slow food, je suis une cliente plus fidèle de la com’ des chaînes de restauration rapide que de leurs restaurants… Donc, en guise de pause midi, je jette un coup d’oeil sur la campagne de Quick (agence Révolutions) à propos de laquelle MaRong m’a titillée. Quick place l’environnement au coeur de sa communication corporate, sans pour autant y consacrer un blog à l’image de Delphine Smagghe pour McDo. Dans le spot consacré au cheeseburger bio, les codes naturels sont bien présents (tournesols, herbes hautes et pépiements d’oiseaux) et le prix du cheeseburger bio mis en évidence. Le site de Quick décrit lui le menu cheeseburger avec le jus de pomme et le yaourt bio. Question goût toutefois, credo de l’enseigne, les premières critiques, au printemps, étaient plutôt mitigées. Et vous ?

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Slow Food Movement

2009_08_13Que vous soyez debout ou autour d’un barbecue, agenouillés sur un tatami ou assis à la table d’un restaurant prestigieux, l’acte de se nourrir est fondamentalement pour vivre. Le fait d’améliorer la qualité de notre alimentation et de prendre le temps d’en profiter est une manière simple d’insuffler un peu de joie dans notre vie.

Memento Slow Food France, p. 3

 

Sans transition après la campagne diversité de McDo, zoom sur Slow Food. Le mouvement est né en Italie, où les scandales politiques n’entament heureusement pas le goût pour la bonne cuisine et l’intérêt pour l’authenticité, la tradition et la qualité des aliments.  

L’organisation est née en 1986 à Bra, dans la province de Cuneo renommée pour sa truffe blanche, ses vins et ses fromages, dans le but de promouvoir les plaisirs de la table dans leur diversité ; elle s’appelle alors Arcicola et compte 62 membres fondateurs – dont Carlo Petrini, aujourd’hui président. Trois ans plus tard, elle devient une organisation internationale à but non lucratif avec le Manifeste Slow Food. Des associations nationales se sont développées en France, en Suisse, au Royaume-Uni, en Allemagne, au Japon et aux Etats-Unis de même que les branches Slow Food Editore et Slow Food Promozione pour l’édition et la communication. Slow Food compte désormais 80 000 adhérents fédérés dans des groupes locaux appelés conviviums (du latin banquet, festin). Sa philosophie se résume ainsi Lire la suite

Campagne McDo « Venez Comme Vous Etes »

2009_08_12

Venez comme vous êtes à McDo, même vous, Dark Vador et King Kong: la diversité est au coeur de la dernière campagne d’affichage. Au passage, je découvre le blog de Delphine Smagghe, directrice Environnement & DD.

Diversité sociale oui ; diversité des goûts, un peu moins. Comme Ritzer l’a montré dans The McDonaldization of Society, il y a peu de place pour la diversité dans les techniques de préparation des hamburgers. Mieux vaut laisser la promotion de la diversité culinaire au mouvement Slow Food.

J’aime bien la conclusion de Rue89 : « La diversité ? Un processus de société que le politique et l’économique ne veulent rien d’autre que contrôler. »

Le Goût Des Choses Simples

2009_06_30

Crédit photo : Thibaut

Vous avez certainement croisé sur des panneaux 4×3 la campagne Fleury Michon pour le blanc de poulet cuit à l’étouffée faisant appel à votre « faim de naturel ». Au rayon charcuterie et pâtes fraîches, votre oeil a peut-être été attiré par le logo Herta s’engage – et les lardons, croque-monsieurs et autres plats préparés de la marque ont certainement séjourné dans votre frigo.

Mais de quel naturel parle-t-on ? Pas de bio ou d’agriculture raisonnée ; l’argument naturel, c’est moins de sel, de conservateurs artificiels, le tout vendu par une réclame dans un décor verdoyant. Moi aussi, j’ai « le goût des choses simples » mais pas forcément des plats préparés, quoique bien pratiques quand on manque de temps. Mais quoi de meilleur qu’une salade de tomates bien mûres, de la tapenade maison et un flan d’aubergine, moralité, que serais-je sans le marché et la cuisine du Sud ?! Je m’égare.

Au contraire des labels écologiques, aucune législation n’encadre l’utilisation du terme naturel, seule peut entrer en compte ici l’infraction au code de l’ARPP concernant la publicité mensongère. L’Observatoire de la Publicité qui s’est penché également sur les campagnes d’Apple et Phyto a évalué assez sévèrement la campagne Herta pour ses veloutés et son jambon tendre noix ; les commentaires des internautes ne lui faisaient pas non plus de cadeau. Mon préféré, celui de Louisa :

Puisqu’on ne peut pas dire “bio”, disons donc “naturel”, tiens, profitons-en, il n’est pas encore interdit, celui-là, dans la pub…

Notez la petite étoile à côté de “naturel” qui annonce quelques réserves, au cas où…

Généralement, la petite étoile incite à la méfiance…

Un doute me saisit : il existerait donc des carottes artificielles ?