Buy Less, Choose Well (Retour Sur La Collection Conscious d’H&M)

Après Garden, voici Conscious. H&M livre une collection « durable » pour le printemps. L’opération de com’ débutée en février est sans comparaison avec toute campagne pour des vêtements bio et recyclés : les défenseurs du vêtement bio ont grogné. La campagne de grande ampleur mettant en scène Natasha Poly, brunette tout de blanc vêtu sur un fond de ciel bleu, n’a pas apaisé leurs critiques.

Je suis allée en boutique pour toucher les tissus et étudier les étiquettes et j’ai trouvé une collection printanière plutôt attirante. La question reste toutefois de savoir de quelle chaîne de production et de distribution cette collection est issue. Elle me semble simplement remplacer la matière première coton ou polyester par du coton bio ou du polyester recyclé à prix équivalent sans soulever le vrai débat : pourquoi le vêtement bio, quel est son coût et quel prix je veux bien lui accorder ?

L’enjeu reste résumé par le slogan ‘buy less, choose well’ ainsi que l’exprime Vivienne Westwood dans l’Express Style :

Vous plaidez depuis longtemps pour une consommation raisonnée, avc le slogan Buy less, choose well. Que pensez-vous du rythme actuel de la mode, qui multiplie les collections jusqu’à l’excès ?

C’est une frénésie effrayante, qui encourage à créer trop de produits pour susciter toujours plus de consommation. Les gens achètent des choses dont ils n’ont pas vraiment envie. Mon conseil, « Achetez moins, choisissez mieux », peut paraître démagogique dans la mesure où je vis de la vente de mes vêtements. Mais je suis convaincue de cette nécessité. Il faut privilégier la qualité à la quantité. Je mets moi-même certains vêtements depuis trente ans !

Petite dédicace – Merci à Ludivine de Peau Ethique, Clovis de Quatrues et Seb de Laspid pour nos échanges et leur travail de pionniers.

Campagne Katharine Hamnett

2009_09_29#1Chose Life.

Preserve The Rainforests.

Save The World. Save The Whales

Ces slogans datent de 1983. A l’époque, ils étaient révolutionnaires parce qu’ils étaient l’oeuvre d’une créatrice anglaise reconnue et talentueuse, issue d’une formation prestigieuse, la Central Saint Martins College, qui voulait prendre le contre-pied des tendances de mode. 

Katharine Hamnett tient autant de Vivienne Westwood que de Stella McCartney, dans le sens qu’elle est une anti-conformiste, qui a, bien avant la vague verte des années 2000, défendu le coton bio. Elle s’est intéressée aux méthodes de fabrication des vêtements et a pris le parti de construire une marque conforme à sa vision. Ses campagnes iconoclastes nées de la collaboration avec Ellen von Unwerth, Juergen Teller et Terry Richardson ne laissent pas indifférent. Lire la suite

In The Mood For Green (Fashion)

2009_07_09

Collage The Greenwasher

Le vent de sustainability continue de souffler dans l’industrie de la mode. Dans le dernier numéro de L’Edito, Cyril Blin de Belin cite les marques APC, Uniqlo et Vivienne Westwood qui récupèrent des vêtements usés et proposent des objets recyclés. Le sac Eco Ferragamo ci-dessus est fabriqué selon la technique du tannage végétal, à partir de tanin d’écorce de bois. Magnifique. 

Chris Mac Donald que je mentionnais hier, identifie plusieurs défis pour la responsabilité sociale et environnementale du secteur du luxe, alors que le développement durable est en lui-même un luxe et implique une disposition à payer plus. Ce qui est essentiel, c’est la place des tendances, des valeurs, de la notoriété, de la réputation. Ayant un positionnement de niche, l’engagement des marques de luxe doit être total, les promesses cohérentes, la démarche responsable et transparente. Bien. Je surveille la prochaine collection Salvatore Ferragamo !