Un Produit De Beauté Doit-Il Etre Cher Pour Préserver L’Environnement ?

Vu dans Citizen K International de l’automne 2011, l’encart Yves Rocher 1er du développement durable en France*

Un produit de beauté doit-il être cher pour préserver l’environnement ?

Un produit de beauté doit-il être cher pour être efficace et de qualité ?

En soi, le prix n’est pas une valeur, l’essentiel est à l’intérieur.

* Sur le secteur Cosmétique, Observatoire du Développement Durable IFOP 2009 et 2010. Imprimé sur papier issu de forêts gérées durablement, par une imprimerie labellisée Imprim’Vert.

J’ai trouvé peu de commentaires sur cette publicité à part celle de L’Observatoire indépendant de la publicité qui l’a ajoutée dans sa galerie en novembre dernier. Les notes ne sont pour l’instant pas très hautes. En cause, des engagements flous, la référence à une étude lamda (pas de l’Ademe en tous cas) permettant de communiquer sur cette place de n°1, et l’absence de mention de label indépendant faisant autorité dans le secteur des cosmétiques. Yves Rocher ne présente pas beaucoup d’arguments ici alors qu’il est l’un des premiers communicants concernant le développement durable, depuis sa campagne Récoltant, fabricant, distributeur (janvier 2009).

La question qui m’intéresse le plus ici est de savoir quelle est la place du prix dans le positionnement des produits Yves Rocher. La marque est en effet connue pour des produits bon marché, des offres, des remises aux clients et par conséquent ne met pas en avant dans sa communication l’extrême qualité de ses produits. En fait, l’argument semble inversé ici. Le mascara présenté est l’un des plus chers de la gamme et qui plus est, en édition limitée. Sauf que rien n’est spécifié de ses qualités pour la santé ou pour l’environnement. Fausse alerte. Dommage, la question que pose Yves Rocher appelle un ensemble de réponses que les laboratoires cosmétiques se devront de donner peu à peu pour accompagner les consommateurs dans les évolutions du monde passionnément complexe des artifices de la beauté.

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Couleurs Nature D’Yves Rocher Tout En Nuances (Végétales)

Vu dans L’Express Styles du 9 février : un encart de 8 pages pour la gamme de maquillage Couleurs nature d’Yves Rocher qui rejoint mes carnets d’images à la suite du Pouvoir des Fleurs.

Trois visuels floraux en corail, rose poudré et noir, détonnent au milieu d’une belle série de mode en noir et blanc avec Catarina Murino. Belle réalisation qui met en image la signature ‘Créateur de la cosmétique végétale’ et qui contraste avec le site internet axé plus sur le commercial – présentation des produits et vente en ligne – que la création visuelle. Yves Rocher continue sa transformation, autant du point de vue des méthodes de production que dans ses choix de communication. ‘Plaisirs nature‘, ‘nuancier végétal‘, le lifting sémantique se fait, saison après saison, quitte à désoler les défenseurs du bio, résolument sur le créneau nature. Suffisamment tout public pour ne pas perdre le capital notoriété, avec une touche de naturel pour satisfaire les consommateurs attentifs au discours écolo, sans pour autant réellement marcher sur les plates bandes de la cosmétique bio qui est sur un tout autre niveau d’exigences, ni tomber dans les promesses intenables du greenwashing. La communication écofriendly, qu’elle soit celle d’un leader des soins cosmétiques ou d’une petit qui se fait une place au soleil, se doit d’être tout en nuances.

Campagne Yves Rocher « Marron De Noël »

2009_11_05

Vu aujourd’hui : la vitrine Marron de Noël des « Plaisirs Nature » d’Yves Rocher. La marque se positionne sur un créneau nettement moyen de gamme, avec une communication visuelle proche de celle de L’Occitane. Le soin accordé au nouveau packaging illustre ce positionnement : le coffret Marron de Noël a beaucoup de points commun avec ce qu’on pourrait trouver chez The Body Shop dans la gamme Cacao, Karité et Noix du Brésil. 

Non seulement Yves Rocher renouvelle ses codes (ici, authenticité et esprit cosy), mais en plus le Créateur de la Cosmétique Végétale s’engage, guide à l’appui, en faveur du recyclage, du respect des animaux, du bio et du développement des « populations locales » (des programmes proches du commerce équitable j’imagine). Dernière action en date : la participation à l’appel pour Copenhague. Voilà bien l’exemple d’une marque qui a décidé de diriger sa communication sur sa responsabilité sociale et environnementale et l’argument naturel semble porter – souvenons-nous qu’il y a quelques années à peine, elle n’était ni spécialement glamour ni engagée.

Edit (19 h) – En lisant le test de la gamme Huile d’Olive des Plaisirs Nature de Miss Lollilop, j’ai matière à critiquer écrire davantage. La composition annoncée des produits ne correspond pas aux promesses en termes d’AOC et de bio. Quand on dépense autant pour sa communication, c’est dommage de ne pas plus investir en R&D. Affirmer que Yves Rocher s’inspire de la richesse de la nature pour concevoir des soins efficaces et respectueux pour notre peau, c’est prendre le risque de s’exposer au retour du boomerang greenwashing ! Vu les réactions au test de Miss Lollilop, ça risque de faire mal.