Après La COP21

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Vous avez dû croiser cette page il y a plusieurs mois dans la presse. Une page de pub vide, voilà qui est peu commun. Pas tout à fait de la subversing pour la COP21, loin des promesses limite greenwashing entendues à l’amorce de la conférence internationale.

A l’initiative de la Fondation Nicolas Hulot, une page à écrire avec un ensemble de projets proposant des solutions pour le climat, relayés et médiatisés. Une première puis une deuxième session de vote ont été réalisées et 5 lauréats My positive impact mis en avant avec chacun un projet facteur de changement dans notre quotidien.

Cette page blanche me donne l’occasion de clôturer la série de collages sur la COP21 et le film Demain et de laisser la place au plaidoyer porté par de nombreuses associations. Très bonne fin d’année à vous !

 

Collage # Embrace Nature. Choose Ethical Cotton

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Ce collage clôt la série sur la COP21 et le film Demain avec une question : quel est le pouvoir du citoyen, consommateur, militant pour des lendemains qui chantent ? Sans angélisme, je pense que nous avons bien plus d’influence que ce que nous pensons. Nous échangeons et achetons, presque chaque jour, des produits alimentaires, textiles, décoratifs, électroménagers et j’en passe. Dans chacune de ces décisions d’achat, je vois une opportunité de préférer une façon de produire à une autre.

J’aurais pu prendre l’exemple des déplacements ou de l’énergie mais je prends celui du textile à partir de la campagne Cotton USA parue dans Marie-Claire Italia. Si l’argument naturel est séduisant – mieux vaut du coton que du polyester non ? – il ne fait qu’effleurer la question de la durabilité de cette culture. Américaine, oui. Consommatrice d’eau et de pesticides, re oui. Subventionnée, aussi. Je voudrais voir des pages de pub de la Confédération européenne du lin et du chanvre à la place !

La question de l’éthique dans la mode ne supporte pas de réponse simpliste de type « je n’achète plus chez Benetton depuis le drame du Rana Plaza ». Du coup, je ne peux jeter le bébé Conscious avec l’eau du bain H&M, dont 2 modèles japonisants sont représentés sur le collage. Cela me donne plutôt l’occasion de me demander si un label bio sur un vêtement est la panacée, ou bien s’il faut en avoir une vision globale, du tissage à la teinture en passant par la qualité et le cycle de vie ? (La réponse à laquelle je souscris est évidemment la 2e et dans l’extrait d’interview de Stella McCartney que j’ai découpée, j’aime l’idée de désir et de souvenir en parlant des vêtements.) Les occasions ne manquent pas maintenant de trouver la pièce éthique et faite pour nous, au Centre Commercial à Paris ou chez les Curieux à Lyon.

Bonne fin de semaine en attendant le document final de la COP 😉

Collage # Passons A Table

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Passons à table… pas simplement parce que c’est l’heure mais puisque c’est une des activités plus belles que l’humanité connaisse – les goûts, les couleurs, la compagnie – et dans le même temps pose la question de la gestion des ressources naturelles en ces temps de COP21.

Une association de promotion de la pomme Pink lady ? Des barquettes de tomates mûries sous le soleil de Bretagne ? Une barre chocolatée que l’on prendrait presque pour un épi de blé ? Les arguments de l’industrie agro-alimentaire frisent le greenwashing mais que voulez-vous, l’économie sociale et solidaire a bonne image, les pratiques de Savéol semblent profiter à son territoire et à la biodiversité et Kinder nous fait déculpabiliser en mettant l’accent sur les céréales plutôt que sur le sucre.

Pour réinventer notre agriculture, et le film Demain le montre bien, il est temps de passer en cuisine. Partir des produits bruts. Chercher un approvisionnement local. Réinvestir les fourneaux, quitte à investir dans des ustensiles de cuisine. Enfin, se demander que faire des épluchures et des biodéchets ? …Ce sera le thème du prochain collage.

Collage # Animal

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Après la question de la pêche illustrée hier, place à celle du règne animal sur terre ferme. Je suis partie de la campagne de Leclerc sur les alliances locales déclinées avec des éleveurs d’oies, des producteurs de miel ou encore des producteurs de fromage. La tendance locavore fait du bien – d’où vient ce que je mange, peut-être puis-je payer un peu plus cher ? En revanche les français ne semblent pas tout à fait prêts à renoncer à la consommation de produits animaux contrairement aux pays anglo-saxons où végétariens et véganes font partie du paysage.

Entre déforestation et émission de CO2, l’élevage pose pourtant problème pour le monde de demain et à ce titre est étroitement lié aux enjeux discutés lors de la COP21. Flexitarienne, je me rapproche du mode de vie végane sans encore en saisir toutes les implications. Du parmesan qui accompagne mes pâtes aux sacs ou chaussures chéris Made in Italy, j’avance doucement dans la connaissance de l’apport du règne animal à la société de l’abondance. Apport souvent fugace que l’on oublie presque aussitôt. Les animaux stylisés font tellement partie de notre quotidien, et pas seulement chez nos petits bouts habillés par Coq en pâte. Signe que l’on ne fait pas le lien entre la matière première et la nourriture ou l’objet final.

Stella McCartney est une ambassadrice de ce chemin de vie – lisez cette interview dans M le Magazine du Monde, tout comme les blogs de cuisine dont je m’inspire de temps à autre, Antigone XXI et Lili en tête. Ce midi, vous prendrez bien des falafels ?

Collage # Ceci N’Est Pas Du Thon Rouge

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Depuis plusieurs mois, j’ai mis de côté mes petits découpages issus de ELLE, L’Express Styles et M le Magazine du Monde, autant d’images qui sont le miroir de notre société de l’abondance. Pour la COP21 et la sortie du film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, ces images assemblées donnent un peu à voir ce que nous avons aujourd’hui et ce que nous pourrions créer dès demain.

Pour répondre aux initiatives proposées par Demain, j’ai choisi de commencer la série de collages par un mélange de Sushi Shop et Petit Navire dont les réclames portaient sur la traçabilité de leur poisson. Partez à la pêche aux infos… voilà des termes que Claire Nouvian de l’association Bloom et Lamya Esemlali de Sea Shepherd n’hésiteraient pas à reprendre pour leur compte. A la question de l’origine des stocks de pêche s’ajoute celle de la pollution des mers et océans – le plastique en tête – et l’acidification des océans… Si ce dernier reste un phénomène peu concret pour vous, je vous invite à voir l’exposition « La mer n’en finit pas de monter » à l’initiative de Terra eco.

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Hors série ELLE aime la planète et ELLE du 27 novembre

Voilà un concentré de réflexions pour faire ma part. Que d’informations sur l’écologie, les ressources naturelles et les déchets en ces journées où le climat est à l’ordre du jour… à demain !

Instantané # Picard Bio Et Bien

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C’est le moment de vous faire du bien, scande Picard, avec de 38 produits estampillés AB. Quand la réclame pour le bio devient la promotion du bien-être. Tiens, manger bio serait-il finalement meilleur ?

« J’aimerais manger bio, mais c’est trop cher. » Pas chez Picard, peut-on lire sur Facebook.

La démocratisation du bio est illustrée par cette campagne – une certaine démocratisation où biologique est synonyme de surgelé et de plats préparés, bien en phase avec nos habitudes culinaires.

Un Mois de Minimalisme

2014_10_31#1Répondant à l’invitation de Clémentine, je me suis intéressée au minimalisme et à la réduction des déchets ce mois d’octobre. Je suis allée chez Sephora comme me le suggérait Johnnie Beetroot, où une réclame en vitrine proposait une réduction de 20% pour la recharge de parfum. Pas moyen de retrouver une illustration de la chose, mes excuses. J’ai donc dû rapidement me détourner de la publicité pour répondre au challenge minimalisme, sinon j’aurais été un peu court…

Ma revue de presse a elle été très fructueuse. Lingettes lavables, repas de midi sans déchets, réception sans déchets, et sans compter une tonne d’idées sur Pinterest. J’ai fondu devant les recettes tendance vegan de Julie, Ophélie et Hélène avant que je les commande à ma cuisinière préférée. Fruits et légumes de saison, simplicité et goût. Tout n’est toutefois pas rose dans ce tour du web – le reportage photo de Mauro Pagnano sur la pollution de la terre des feux de détritus dans la région de Naples donne froid dans le dos tant les conséquences de la combustion incontrôlée sont dramatiques pour la santé des habitants et les sols sont marqués pour des décennies.

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Et puis au quotidien, j’ai été très attentive à tout ce que j’ai jeté. Sopalin, mouchoirs, plastiques divers et couches du fiston. Mes poubelles, pourtant réduites par le tri sélectif et le compost au bas de mon immeuble, sont sorties tous les 2 jours. Et si je faisais disparaître le rouleau d’essuie-tout pour utiliser en priorité torchons et chiffons ? Et si je ressortais les mouchoirs en tissu qui m’attendent dans le placard de la salle de bain ? Et si je passais entièrement aux couches lavables pour à la naissance du n°2 ?

Ce mois passé, je repense aux moments où Mme Aluminium m’a agaçée en utilisant un plat jetable plutôt qu’un bon vieux plat en terre cuite. Où M. Sopalin utilisait systématiquement du papier essuie-tout plutôt qu’une éponge. Où j’ai vu partir quelques dizaines de kilos de vaisselle jetable au travail parce qu’il manque encore un service de location de vaisselle auquel on ait le réflexe de recourir. Ce constat fait, l’essentiel est de passer d’une logique de Schtroumpf Grognon (ces gens ne se rendent pas compte qu’ils alimentent l’incinérateur qu’ils critiquent de toutes leurs forces) à une logique constructive où chacun fait ce qu’il peut, chacun fait sa part.

Dans les prochains jours, retour vers la com et focus sur les Prix Pinocchio. Bonne fin de semaine !

Images : Pinterest Shabnam